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jeudi 11 octobre 2012

135-LE MOUVEMENT EN SCULPTURE-2 (Première moitié du XX° siècle)



Au début du XX° siècle, l'influence du Cubisme puis de l'abstraction se font sentir dans la sculpture de même que les études chronophotographiques et scientifiques du mouvement humain et animal (Muybridge et Marey, dès 1872) et l'invention du cinéma (Frères Lumière, dès 1895). Le mouvement en sculpture est ainsi représenté d’une façon nouvelle par Umberto Boccioni (Futurisme).

La guerre de 1914-1918 accélère la rupture avec un art bourgeois et traditionnel, tant au niveau des formes que des matériaux et des techniques (assemblage, construction). De la représentation du monde et du mouvement, les sculpteurs passent à la présentation du monde et à l'intégration du mouvement réel dans les oeuvres, en écho avec le développement des machines industrielles (fabrication à la chaîne), des moyens de transport (automobile dès les années 1890, avion dès les années 1900), de l’électricité (dès les années 1880). Dès les années 1920-1930, en effet, l'intégration de moteurs et parfois de sources lumineuses, multiplient les effets visuels et sonores dans les œuvres de Marcel Duchamp (Dadaïsme), Moholy-Nagy (Constructivisme) ou Alexander Calder (Art cinétique).


LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ

MAREY Etienne-Jules (1830-1904), L'envol du goéland,
chronophotographie sur plaque fixe, 1886, 6,4x8,9 cm.

MAREY Etienne-Jules (1830-1904), L'envol du goéland,
moulage de plâtre, 1887.

MAREY Etienne-Jules (1830-1904), L'envol du goéland,
zootrope avec 10 statuettes restituant les attitudes successives du vol, 1887.

MAREY Etienne-Jules (1830-1904), L'Homme qui marche, 1890-1891, 
chronophotographie sur celluloïd.



BOCCIONI Umberto (1882-1916), Elasticità, 1912,
 huile sur toile, 100x100 cm, Milan, Collection Jucker.

BOCCIONI Umberto (1882-1916), Formes uniques de continuité dans l'espace ou L'Homme en mouvement, 1913,
bronze (fonte de 1972), 117,5x87,6x36,8 cm, Londres, Tate Gallery.



DUCHAMP Marcel (1887-1968), Nu descendant un escalier, n°2, 1912,
huile sur toile, 146x89 cm, Phiadelphia Museum of Art.


LE MOUVEMENT RÉEL

DUCHAMP Marcel (1887-1968), Roue de bicyclette, 1913,
réplique de 1964, roue métallique, D : 64,8 cm, sur un tabouret en bois peint, H : 60,2 cm.
"J'ai probablement accepté avec joie le mouvement de la roue comme un antidote
 au mouvement habituel de l'individu autour de l'objet contemplé".

 

DUCHAMP Marcel (1887-1968), Rotative plaques verre, 1920,
 série de cinq plaques de verre constituant un seul dessin circulaire fait de lignes blanches et noires,
 moteur, support métallique, New Haven, Yale University Art Gallery.

 

DUCHAMP Marcel (1887-1968), Rotative demi-sphère, 1924-1925,
H : 137,5 cm, D : 65,5 cm, cercles excentriques formant une spirale dans la rotation (jeu hypnotique).

VOIR LE FILM DE MARCEL DUCHAMP, "ANEMIC CINEMA".

DUCHAMP Marcel (1887-1968), Anemic Cinema, 1926,
 film muet 35 mm, 7 minutes, noir et blanc, réalisé en collaboration avec Man Ray et Marc Allegret,
plans fixes montrant successivement 19 disques rotatifs à textes ou spirales.


Ce film de Fernand LÉGER (1881-1955), muet, en noir et blanc et d'une quinzaine de minutes, a été créé avec le réalisateur Dudley Murphy, le compositeur Georges Antheil (la partition musicale ne sera réunie avec le film que dans les années 1990) et l'artiste Man Ray.





DUCHAMP Marcel (1887-1968), Rotoreliefs, 1935, 
12 motifs graphiques à base de spirales destinés à tourner sur le plateau 
d'un phonographe et à donner l'illusion de formes en 3D, 
ensemble tiré à 500 exemplaires.



(LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ)
TATLINE Vladimir (1885-1953), Contre-relief d'angle, 1915,
(oeuvre disparue), fer, zinc et aluminium, 78,7x152,4x76 cm.

TATLINE Vladimir (1885-1953), Monument à la III° Internationale, 1919-1920,
maquette du projet non réalisé de tour habitée de 400m de haut, prévue en fer, verre et acier
 pour Saint-Pétersbourg, constituée d'une double hélice en spirale avec en son centre
 trois structures géométriques en rotation, le cube (rotation sur un an),
le cône (sur un mois), le cylindre (rotation en un jour).



GABO Naum (1890-1977), Kinetic Construction (Standing Wave) n° 1, 1919-1920,
 (réplique de 1985), première sculpture cinétique, métal, bois peint et mécanisme électrique
 (l'oeuvre est constituée d'une tige d'acier à laquelle un moteur imprime un mouvement d'oscillation), 61,6x24,1x19 cm, Londres, Tate Gallery.



BARANOFF-ROSSINÉ Vladimir (1888-1944), Piano optophonique, 1920-23 (reconstitution de 1971,  Paris, MNAM) et disque de verre original. 
Depuis la fin du XVII° siècle, des recherches étaient menées pour transcrire les compositions musicales en compositions colorées ; ces recherches se développent au début du XX° siècle avec "les orgues à couleur" des années 1920, notamment celles de l'artiste dadaïste Raoul Hausmann.
L'équipement d'origine de Baranoff-Rossiné comportait un dispositif mécanique composé de disques de verre dessinés et peints par l'artiste (pouvant être actionnés manuellement et reliés aux touches du clavier), de prismes, de lentilles, d'une source lumineuse et d'un écran de projection. L'artiste cubo-futuriste donne des concerts colorés qui annoncent la transformation de la musique en art visuel et créent 
"une peinture vivante dans le temps et non pas sourde-muette".



MOHOLY-NAGY Làszlo (1895-1946), Modulateur Espace-lumière, 1922-1929.
C'est une sculpture mouvante, placée sur une base circulaire, dans laquelle trois cellules spatiales distinctes sont créées pour favoriser le mouvement. Dans la première, des pièces rectangulaires métalliques se meuvent de façon irrégulière et ondulatoire. Dans la seconde, des disques métalliques perforés accomplissent un mouvement vertical vers le haut et vers le bas libérant une petite boule noire qui traverse et retraverse cet espace. Dans la troisième cellule, une spirale en verre tourne et produit un volume conique virtuel. La construction, mue par un moteur est équipée d’environ cent trente ampoules électriques de différentes couleurs qui sont reliées et contrôlées par une bobine créant un spectacle lumineux complexe.  Le mouvement des lumières et des ombres projetées sur les murs et sur le plafond et les reflets variés de lumières sur chaque élément métallique de la construction démontrent ce passage du matériel à l’immatériel des jeux de lumières projetées et réfléchies.

L'oeuvre devient le sujet d'une série photographique et d'un film de l'artiste en 1930.
VOIR LE FILM (2 MN) DE 1930 DE MOHOLY-NAGY



(LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ)
BRANCUSI Constantin (1876-1957), Oiseau dans l'espace, 1923,
(la première oeuvre d'une série de 16 exemplaires en marbre
 ou bronze exécutés entre 1923 et 1940), marbre, H : 140 cm, D : 15 cm.

(LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ)
BRANCUSI Constantin (1876-1957), La Colonne sans fin, inaugurée en 1938,
 Târgu Jiu (Roumanie), H : 29,33m, 17 modules en fonte métallisée de cuivre jaune en forme de losange, motif omniprésent dans la carrière de l'artiste de 1917 (en bois) à 1957,
 "Monument aux morts roumains de la Première Guerre Mondiale", commandé en 1935
 et réalisé en 1937-38, photo prise par l'artiste en 1938.



VOIR LA VIDÉO DU CIRQUE DE CALDER DE 1927 ( 5 MN-FILM DE JEAN PAINLEVÉ-1955)  
CALDER Alexander (1898-1976), Le Grand Cirque, 1926-1931,
performance de l'artiste animant les figurines en fil de fer et en bois articulé
d'un cirque miniature, sur fond de musique et d'effets sonores.
Matières diverses : fil de fer, bois, métal, tissu, fibre, papier, carton, cuir,
ficelle, tubes de caoutchouc, bouchons, boutons, sequins, boulons et clous, capsules
de bouteille, 137,2 x 239,4 x 239,4 cm, New York, Whitney Museum of American Art.
Premier chef-d'oeuvre de Calder, le Cirque est également une expérience centrale dans
son oeuvre : il s'inscrit dans la continuité de ses dessins réalisés à New York à partir de
l'observation du mouvement des animaux et annonce, avec sa mise en mouvement
d'objets à trois dimensions, les futurs mobiles. Les exercices d'équilibrisme et d'acrobatie de ses personnages sont des défis aux lois de la pesanteur et témoignent d'une pensée plastique fondée sur la
tension entre équilibre et déséquilibre.

(LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ)
CALDER Alexander (1898-1976), Joséphine Baker IV, vers 1928, fil de fer, 100,5x84x21 cm.
Sculpture allongée, graphique, légère et transparente, elle restitue le mouvement de la danseuse en s'attachant au détail du visage et au volume de la poitrine et du ventre de la danseuse.

CALDER Alexander (1898-1976), Sans titre, 1931, fil, bois, moteur.
Structure en fil de fer et formes géométriques noires mises en mouvement par un mécanisme intégré et entraîné par un petit moteur. C'est cette oeuvre qui a été désignée de "mobile", terme inventé par Marcel Duchamp.

CALDER Alexander (1898-1976), Poissons d'acier, 1934,
 tôle, fil de fer, plomb, peinture, New-York, Calder Foundation.
Les mobiles sans moteur sont régis par des principes de physique très simples de mise en tension. Ils s'animent au toucher ou par les courants d'air. L'oeuvre réalise une mise en tension permanente et c'est de cette mise en tension que résulte aussi la capacité de mouvement de l'objet, sa nervosité qui est proche des mouvements de certains objets naturels. Ses couleurs inaugurent la palette emblématique de l'artiste : le rouge, le noir, le blanc, qui sont aussi les couleurs fondamentales des constructivistes russes.

CALDER Alexander (1898-1976), Sphere and Heavy Sphere, 1932-1933, fer, bois, cordes, tiges et objets divers, H. 317,5 cm (dimensions variables), New York, Calder Foundation.
Sous l'influence de son amitié avec le compositeur Edgar Varèse apparaissent des oeuvres fondées sur la percussion. Ces sculptures marquent le tournant de l'oeuvre de Calder vers des sculptures sonores, musicales, des sculptures installations. C'est une sculpture en partie composée d'objets tout faits : une simple caisse en bois, des bouteilles en verre, une cymbale. Les pièces abstraites sont suspendues au bout d'un fil. Elles sont faites pour être balancées dans l'espace et venir heurter ces objets. Il faut imaginer cette sculpture en mouvement avec ses pièces fracassant l'ensemble de bouteilles, cognant contre la cymbale, renversant la caisse en bois. Tous ces bruits différents transforment cette sculpture en une oeuvre sonore, une oeuvre musicale.

VOIR SUR CE BLOG UN ARTICLE ANALYSANT CETTE OEUVRE DE CALDER



SMITH Harry (1923-1991) réalise sept courts-métrages d'animation de 2 à 10 minutes, en noir et blanc et en couleur (notamment peints à la main), autour des chiffres 1 à 5 et 7 à 10. Certains de ces films muets avaient été conçus pour être projetés et synchronisés avec des morceaux de jazz (Dizzy Gillespie) ; ils n'ont été sonorisés que dans les années 1990).

VOIR L'UN DES FILMS EXPÉRIMENTAUX (6 MN) DE HARRY SMITH, "EARLY ABSTRACTIONS", ca 1939-1957: "A STRANGE DREAM", 1939-1948




(LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ)
GIACOMETTI Alberto (1901-1906), L'Homme qui marche I, 1959-1960 (10 exemplaires).
Le premier Homme qui marche de Giacometti est réalisé, au sortir de la guerre en 1947. Il en reprend l'étude en 1959, à la suite de la commande pour New-York, en tant que l'une des six figures du monument. Ce monument sera finalement installé dans la cour de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence.
Il réalise cette figure masculine, nue, décharnée et au canon allongé. Déformée, filiforme et grumeleuse, elle apparaît solitaire et fragile et si la marche est difficile (bras ballants, pieds lourds et englués dans la matière), elle n'en est pas moins volontaire (buste en avant, pas écarté) et semble symboliser l'humanité en marche vers un monde meilleur et plus spirituel.



VOIR LA SUITE DE CET ARTICLE








dimanche 7 octobre 2012

134-LE MOUVEMENT EN SCULPTURE-1 (De Myron à Rodin)





Dès l'Antiquité, les sculpteurs ont représenté le mouvement du corps humain et animal dans la marche, la course, l'effort, le combat et la sensualité (amour, toilette). 
C'est le modèle grec antique (classique - V°-IV°s. av.-J.-C.) qui a influencé toute l'histoire de la sculpture européenne par sa volonté de représenter le corps idéalisé dans ses proportions (canons esthétiques), son anatomie, son équilibre et son élégance (déhanchement), de même que son modelé avec le rendu du détail de la peau, des veines, des muscles et des plis des vêtements. Le modèle hellénistique (fin IV°s.-fin I°s. av.-J.-C.) ajoute son canon plus élancé, sa fougue, sa force et son expression de la souffrance.
L'influence de la sculpture grecque est prédominante sur la sculpture romaine puis, par son intermédiaire, sur la Renaissance européenne et elle marque durablement l'art occidental jusqu'au début du XX° siècle.


LE MOUVEMENT REPRÉSENTÉ 

MYRON (V° s. av-J.-C.), Le Discobole (ou Lancelotti Discobolus), copie romaine de la première moitié du II° s. ap-J.-C.
 (de l'original  grec en bronze disparu datant du milieu du V° s. av-J.-C), marbre, H : 155 cm, Rome, Palais Massimo alle Terme.



AGÉSANDRE, ATHÉNODORE et POLYDORE (?), Laocoon et ses fils, copie du I° s. av. ou ap-J.-C.
 (d'un original grec du II° s. av-J.-C. ?), marbre, H : 246 cm, Vatican, Musée Pio Clementino.



LE BERNIN (Gian Lorenzo Bernini) (1598-1680), Apollon et Daphné, 1622-1625,
 marbre, H/ 243 cm, Rome, Galerie Borghese.



CANOVA Antonio (1757-1822), Psyché ranimée par le baiser de l'Amour (scène inspirée d'une peinture romaine d'Herculanum), entre 1786 et 1793,
marbre, H : 155 cm, Paris, Musée du Louvre.



CARPEAUX Jean-Baptiste (1827-1875), La Danse, 1865-1869, 
groupe en pierre d’Échaillon créé pour la façade de l'Opéra Garnier de Paris, 420x298x145 cm, Paris, Musée d'Orsay.



RODIN Auguste (1840-1917), Les Bourgeois de Calais, 1884-1889, bronze, 231x245x203 cm, Paris, Musée Rodin.



BARTHOLDI Frédéric-Auguste (1834-1904), Monument à Vercingétorix, 1903,
d'après un plâtre de 1870 et un projet de piédestal de 1902, groupe en bronze, 600x470 cm, Clermont-Ferrand, place de Jaude.



RODIN Auguste (1840-1917), L'Homme qui marche, 1907,
(d'après des études pour Saint-Jean-Baptiste),
bronze (fondu en 1913), 213,5x71,7x156,5 cm, Paris, Musée Rodin.

mercredi 3 octobre 2012

133-ÉTUDES DE LUMIÈRE (Peinture)





1-LUMIÈRE SACRÉE

Le fond doré des icônes byzantines qui manifeste la lumière divine influence les peintures religieuses italiennes jusqu'au XV° siècle.


Anonyme, La Vierge à l'Enfant entourée des empereurs Justinien et Constantin, 944,
mosaïque du tympan de l'entrée sud-ouest de Sainte-Sophie de Constantinople.


Anonyme, Vierge de tendresse, dite de Vladimir, icône byzantine, début du XII° siècle, 
tempera à l'oeuf sur bois, Moscou, Galerie Tretiakov, musée national russe.


CIMABUE (1240-1302), La Vierge et l'Enfant en Majesté entourés de six anges, vers 1280,
tempera sur bois, 427x280 cm, Paris, musée du Louvre.


VENEZIANO Paolo (1290-c.1360), Triptyque de la Vierge, 1324, Parme, Galerie nationale.


FRA ANGELICO (Guido di Pietro dit) (1387-1455), Le Couronnement de la Vierge, 1434-1435,
 tempera sur bois, 114x113 cm, Florence, Galerie des Offices.



2-INTÉRIEURS OBSCURS

L'effet de clair-obscur qui apparaît à la fin du XV° siècle, crée de fortes oppositions de lumières et d'ombres (du blanc au noir) dans la Peinture. Il se développe au XVII° siècle grâce aux oeuvres italiennes du Caravage qui crée un effet dramatique en faisant surgir les formes de l'obscurité, comme éclairées par un projecteur (lumière d'une bougie présente ou rayon de soleil latéral pénétrant par une fenêtre hors-champ) ; certains personnages en contre-jour sont réduits à de simples silhouettes. 
L'effet gagne toute l'Europe, et plus particulièrement les Ecoles du Nord, où l'on parle de Caravagisme ou de Ténèbrisme (ténèbres). Le clair-obscur touche des thèmes marqués par la religion chrétienne (natures mortes, Vanités, scènes religieuses) mais également des scènes mythologiques, des portraits et des scènes de genre.



MEMLING Hans, (c.1435-40-1494), Fleur, vers 1490,
 huile sur bois, 29,2x22,5 cm, Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza.


LE CARAVAGE (Michelangelo Merisi da Caravaggio dit) (1571-1610), David tenant la tête de Goliath, 1607,
 huile sur toile, 90,5x116,5 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.


HONTHORST Gerrit van (1590-1659), Le Marieur, 1625,
huile sur toile, Utrecht, Centraal Museum.


ZURBARAN Francisco de (1598-1644), Nature morte, 1633,
huile sur toile, 60x107 cm, Los Angeles, The Norton Simeon Foundation.

DE LA TOUR Georges (1593-1652), Saint Joseph charpentier, vers 1642,
 huile sur toile, 137x102 cm, Paris, musée du Louvre.


REMBRANDT (Rembrandt Harmenszoon van Rijn dit) (1606-1669), Autoportrait au chevalet, 1660,
 huile sur toile, 85x111 cm, Paris, musée du Louvre.


FRAGONARD Jean-Honoré (1732-1806), Le Verrou, vers 1777,
huile sur toile, 74x94 cm, Paris, musée du Louvre.



3-LUMIÈRES DU PAYSAGE

Le thème du paysage devient un thème majeur à partir du XVII° siècle, étudié pour lui-même mais également servant de cadre à des scènes religieuses, mythologiques ou champêtres ; il va être consacré aux études de lumière du ciel et de ses reflets dans l'eau : ciel d'orage aux effets dramatiques, lumière orangée et mystique du lever et du coucher du soleil, scènes nocturnes éclairées par la lumière magique de la lune, obscurité des sous-bois. 


PATINIR Joachim (c.1485-1524), Saint Christophe portant l'Enfant Jésus (scène religieuse),
 début XVI° siècle, huile sur bois, 48x59,5 cm, Anvers, musée Rockoxhuis.


RUYSDAËL Salomon van (1600-1670), Après la pluie, 1631, 
huile sur toile, Budapest, Musée des Beaux-Arts.


LE LORRAIN (Claude GELLÉE dit) (c.1600-1682), Port de mer au soleil couchant (avec scène mythologique), 1639,
huile sur toile, 137x103 cm, Paris, musée du Louvre.


POUSSIN Nicolas (1594-1665), Paysage orageux avec Pyrame et Thisbé (scène mythologique), 1651,
 huile sur toile, 191x273,5 cm, Francfort, Städtische Galerie.


NEER Aert van der (c.1603-1677), Paysage au clair de lune, c. 1657, huile sur bois, 40x42 cm.


FRIEDRICH Caspar David (1774-1840), Femme devant le lever ou le coucher de soleil (scène mystique), c.1818,
huile sur toile, 22x30 cm, Essen, Museum Folkwang.


TURNER William (1775-1851), Lumière et couleur, le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse (scène religieuse), 1843,
 huile sur toile, 30x30 cm, Londres, Tate Galley.


ROUSSEAU Théodore (1812-1867), Sous les hêtres, le soir ou Le curé, 1842-1843,
 huile sur bois, 42x64 cm, Musée de Toledo (Ohio).


MONET Claude (1840-1926), Impression soleil levant, 1872, 
huile sur toile, 49x63 cm, Paris, Musée Marmottan.


VAN GOGH Vincent (1853-1890), La nuit étoilée, 1889,
huile sur toile, 73x92 cm, New-York, Musée d'Art Moderne.



4-COULEUR-LUMIÈRE ET NOIR-LUMIÈRE

Les peintures abstraites des XX° et XXI° siècles vont elles aussi s'intéresser à la révélation de la lumière mais elles ne vont pas la représenter mais en transmettre l'expérience physique et émotionnelle. 
Les oeuvres de Mark Rothko, de grand format et présentées sur des murs peu éclairés, vont englober totalement le corps du spectateur et ce dernier va vivre l'expérience du surgissement de la lumière dû à la vibration spatiale et au flottement de champs rectangulaires colorés aux contours estompés. 
Les oeuvres de Pierre Soulages vont être fondées pour leur part sur la réflexion de la lumière par les états de surface de la matière noire ou "outrenoir" ; le travail de la matière ainsi étalée, empâtée, griffée, creusée, marquée des sillons de l'outil utilisé va contradictoirement en effet révéler la lumière, les couleurs, les reflets et les ombres ; le déplacement du spectateur devant l'oeuvre va alors modifier la perception des clairs et des sombres et en transformer la vision.


ROTHKO Mark (1903-1970), Orange and yellow, 1956,
 huile sur toile, 231x180,3 cm, New-York, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo.


VOIR LA VIDÉO (1 MN 30) SUR LES PEINTURES NOIRES DE
PIERRE SOULAGES (né en 1919)