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mercredi 17 janvier 2018

799-2NDE ARTS VISUELS : "MASQUE POUR SERVIR LE ROI DES ELFES"








Janvier 2018 - Lycée Apollinaire de Nice : "MASQUE VÉGÉTAL"

4 heures -Couleur obligatoire - Techniques libres

A la demande de la Section Théâtre du Lycée, les élèves de Seconde Arts visuels ont réalisé le décor de masques destinés à l'entrée des acteurs (fées du cortège de Titania et elfes du cortège d'Obéron) dans une scène du "Songe d'une nuit d'été " de William Shakespeare (vers 1596).



- Décor du masque réalisé par Raïssa MMADI, 203.

- Décor du masque réalisé par Manon SOLTYSIAK, 205.

- Décor du masque réalisé par Raphaël MARIO, 201.

- Décor du masque réalisé par Hanane GOUDA, 204.

- Décor du masque réalisé par Shayma BOUHLEL, 201.

- Décor du masque réalisé par Flora NUHIJI, 204.

- Décor du masque réalisé par Souhyre BOUHLEL, 202.

- Décor du masque réalisé par Alicia MURRAY, 205.


- Décor du masque réalisé par Amal SADDEN, 201.

- Décor du masque réalisé par Tessa BOUBERT, 203.



















samedi 13 janvier 2018

798-NICE - LES MAGASINS DU "GRAND HÔTEL" DANS LES ANNÉES 1870




- Photographe anonyme, Vue de Nice depuis la Tour Saint-François, vers 1865,
tirage albuminé contrecollé sur carton de 7x10 cm, Collection personnelle.
Le carton porte au verso une étiquette précisant le lieu de son achat, 
"Photographie & Beaux-Arts - Visconti - Chartier Successeur - Nice - 2, rue du Cours.".
Le tirage peut avoir été vendu au milieu ou à la fin des années 1870, date à laquelle
 on relève cette mention de "Chartier successeur" (annuaire de 1877). Cette vue du Paillon montre
 cependant un état antérieur aux travaux évoqués dans cet article. 




INTRODUCTION

A un an d'intervalle, j'ai acquis deux photographies anciennes de Nice montrant le Square Masséna et le quai Saint-Jean-Baptiste.

Les photographies montrant des vues semblables sont légion mais ces deux-là ont la particularité de présenter des vues panoramiques prises depuis l'est, montrant en grand détail le Square Masséna (actuelle Promenade du Paillon, Coulée verte) ainsi que le quai Saint-Jean-Baptiste (actuelle avenue Félix Faure), avec le Grand Hôtel et son alignement de magasins au rez-de-chaussée (façade refaite au début du XX° siècle ; actuel immeuble d'habitation).



- Ci-dessus et ci-dessous, détails du Plan indicateur de la Ville de Nice édité par le libraire Charles Jougla, 1865, Paris, BnF, 
montrant les travaux réalisés (Pont Napoléon III) et ceux projetés en rouge, notamment le couvrement du Paillon (qui, en définitive, ne rejoindra pas le Pont-Vieux mais sera décalé un peu plus au sud) et l'alignement des quais.





LES TRAVAUX

Dans les années 1860, la municipalité met tout en oeuvre pour relier davantage les rives gauche et droite du torrent du Paillon afin de permettre une meilleure circulation entre la vieille ville et la ville nouvelle qui se développe sur les jardins et la campagne environnante.

Dès 1864-1865, le Pont des Phocéens ou Pont Napoléon III est érigé à l'embouchure du Paillon afin de relier le quai du Midi à la Promenade des Anglais. Les travaux concernent également l'aménagement des rives et des quais. 

De 1867 à 1868, c'est cette fois plus au nord qu'une communication est créée entre les deux rives (voir la photo ci-dessus avant travaux et ci-dessous après travaux) mais la municipalité couvre cette fois un large espace au-dessus du torrent et y érige un square qui reçoit en son centre un Monument en hommage au Maréchal d'Empire, André Masséna (Nice, 1758-Paris, 1817), avec figures et bas-reliefs en bronze du sculpteur Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887). Les plantations du square se terminent en février 1869 et le Monument et le square sont inaugurés lors de la Saint-Napoléon, le 15 août 1869. 

Il est à noter qu'à la destruction d'anciens bâtiments du quai Saint-Jean-Baptiste (vers 1865) a succèdé la construction de nouveaux dont le Grand Hôtel (1866-1867) en face duquel est érigé le square Masséna (1867-1868), par le même entrepreneur.

"Décidément, la vogue est acquise au quai Saint-Jean-Baptiste, le fait est que de tout temps la Bourgade, comme on appelait à Nice, cette partie de la ville, a toujours été réputée comme l'endroit le plus chaud et le mieux abrité. 
En se rendant acquéreur du Grand Hôtel bâti par la Compagnie Poncet, sur cet emplacement, M. Schmitz propriétaire de l'hôtel des Etrangers, a donc fait preuve non seulement de courage, mais encore d'une grande intelligence. Oser, lorsqu'on ne possède rien est chose facile, mais oser lorsqu'on possède une fortune, est difficile et rare, M. Schmitz a osé et dès ses débuts il a pu s'applaudir de son courage, car à peine ouvert le Grand Hôtel a été envahi par la foule de nos hôtes, et depuis il n'a pas désemplit (sic).
Le Grand Hôtel est donc aujourd'hui en pleine exploitation. Une fois le square fini, nous sommes convaincu (sic), qu'admirablement achalandé par le nom de M. Schmith (sic), cet immeuble aura doublé de valeur", Les Echos de Nice du 19 janvier 1868.




- Détail du Plan pittoresque de la Ville de Nice dressé le 1er janvier 1878,
Nice, Bibliothèque municipale du Chevalier de Cessole.
Au centre, le square Masséna et le quai Saint-Jean-Baptiste avec le Grand Hôtel entre les nouvelles rues Gubernatis (au nord) et Alberti (au sud).




Les travaux de la municipalité se continueront ensuite par le Pont Garibaldi plus en amont (1871-1873) puis par le couvrement du Paillon du square Masséna vers la mer, jusqu'au Pont Neuf et la place Masséna pour recevoir le grand Casino Municipal (1881-1884), puis du Pont Neuf au Pont Napoléon III (renommé Pont des Anges) en 1891-1892, pour recevoir de nouveaux espaces de jardins l'année suivante.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Les quais, vue prise de la Tour St-François, vers 1870,
tirage albuminé de 19,3x25,3 cm, sur carton fort de 34,3x44 cm, Collection personnelle.
Le square Masséna est bien visible avec ses plantations et son Monument central.





LA PREMIÈRE PHOTOGRAPHIE

La première photographie de l'endroit (tirage albuminé de 8,4 x 22 cm), collée au centre d'un carton au double cadre (13,1 x 28,5 cm), est soulignée des termes "Vue Panoramique". Le verso est revétu pour sa part du timbre humide bleuté portant le texte suivant en petites majuscules, "Photographie Universelle - Lucchesi - 17, quai Saint-Jean-Baptiste, 17 - Nice", et présente un titre manuscrit rédigé au crayon, "Square et Statue Masséna et Grand Hôtel".



- DE BRAY Jean Walburg (1839-1901), Square et Statue Masséna et Grand Hôtel, vers 1870,
vue prise depuis le boulevard du Pont-Neuf (actuel boulevard Jean-Jaurès),
tirage albuminé de 8,4x22 cm sur un carton de 13,1x28,5 cm, Collection personnelle.
Le square Masséna montre des plantations de petite taille.
Le Grand Hôtel occupe par ses façades tout l'espace compris entre les rues Gubernatis et Alberti. Le bâtiment central (dans l'axe du square et de la statue de Masséna) est plus haut d'un niveau que les bâtiments latéraux et symétriques. L'ensemble du rez-de-chaussée est occupé par des boutiques.




Raphaël "Lucheze" (1872) puis "Luchesi" (1873) et enfin "Lucchesi" (dès 1874) est un photographe-éditeur qui possède en effet, dès 1871-1872 (annuaire niçois de 1872 ; décalage dû à la réalisation de l'annuaire en chaque fin d'année pour l'année suivanteune boutique d'objets d'Art à Nice, située quai Saint-Jean-Baptiste. Sa boutique affiche dans les annuaires le n° 17 en 1873 puis le n°12 en 1874 et enfin le n° 3 en 1875.

Raphaël Lucchesi semble déménager vers 1876 (annuaire niçois de 1877, celui de 1876 étant absent) au n°6 avenue de la Gare et ajoute une seconde adresse au n° 52 de la même avenue dès 1890. Il semble cesser son activité vers 1894. 

Il a notamment édité de nombreuses photographies de Jean Walburg de Bray (1839-1901) aux formats carte de visite, cabinet et panoramique, ainsi qu'une série de vues stéréoscopiques intitulée, "Vues de Nice et de ses environs".

La photographie panoramique étudiée est manifestement une photo de Jean Walburg de Bray (actif à Nice depuis le début des années 1860) comme l'indique notamment la mention "Vue panoramique". L'adresse de ce dernier, située au n° 12, ruelle Saint-Etienne, depuis la fin des années 1860 (annuaire de 1869), se double d'ailleurs d'un emplacement quai Saint-Jean-Baptiste dès 1873 (annuaire de 1874) qui affiche le n° 55 dès l'année suivante (annuaire de 1875) puis le n° 19 en 1883 (6éme édition du "Guide de Nice en poche") avant qu'il ne déménage à Cannes cette même année.

La photographie a été éditée vers 1873, ce qui peut être déduit des indications du tampon de l'éditeur, le n° 17 de l'adresse renvoyant aux années 1872-1873 et l'orthographe du nom ("Lucchesi" avec deux "c") renvoyant aux années 1873-1874. La prise de vue peut cependant être antérieure et donc, dans un premier temps, être datée vers 1869-1873.



LA DEUXIÈME PHOTOGRAPHIE


La photographie, également panoramique (8,4 x 20,9 cm), a été pour sa part prise de plus loin et en hauteur depuis le clocher de la cathédrale Sainte-Réparate ou depuis le flanc occidental de la colline du Château. Elle révèle ainsi, au-delà du square Masséna, du quai Saint-Jean-Baptiste et des terrasses du Grand Hôtel, une partie de la ville nouvelle (à l'ouest), le boulevard et la colline de Carabacel (plus au nord) et le paysage environnant.



- Photographe anonyme [DEGAND Eugène (1829-1911)], Sans titre [Vue de Nice, depuis l'un des immeubles du boulevard du Pont-Neuf], vers 1870,
tirage albuminé de 8,4x20,9 cm sur carton de 8,8x21,2 cm, Collection personnelle.




Anonyme et dépourvue de titre et de toute indication, cette photographie fait cependant partie d'une série de vues de la Riviera réalisée par Eugène Degand (1829-1911). Ce photographe, également actif dès le début des années 1860, possède son atelier au n° 18 place Saint-Etienne et sa boutique au n° 6, rue Paradis.

Cette vue est assez semblable à la précédente et peut être datée, elle-aussi, peu après la réalisation du Grand Hôtel et du square Masséna, les arbres et arbustes du square étant encore de petite taille et les arbres de cette partie du quai Saint-Jean-Baptiste n'étant pas encore plantés. D'ailleurs, le Couvent des Ursulines, bien visible à droite de la photo au sommet de la colline de Carabacel, ne montre pas encore le grand bâtiment entrepris en 1875. Il reste cependant à découvrir de quelle année exactement datent les prises de vue de ces deux photographies.



ÉTUDE COMPARATIVE ET DATATION

L'immeuble du Grand Hôtel a été érigé en 1866-1867 et les deux photographies montrent donc un bâtiment récent et des magasins ouverts au plus tôt fin 1867-début 1868, au n° 9 du nouveau quai Saint-Jean-Baptiste (malgré des variations dans quelques annuaires, avec les numéros 7 et 11).

Les deux clichés montrant le détail des boutiques du rez-de-chaussée du Grand Hôtel, l'idée m'est venue d'étudier les noms visibles des magasins et de leurs marchands et de les croiser avec le contenu des annuaires niçois afin d'essayer d'affiner la date de leur prise de vue (vers 1869-1870 ?). 

La tâche s'est avérée passionnante mais complexe pour plusieurs raisons :
- les noms des magasins n'étant pas toujours lisibles (flous ou masqués) sur les photographies, 
- les boutiques affichant parfois des noms autres que ceux du marchand (devanture publicitaire, nom du propriétaire),
- les noms des magasins se retrouvant peu cités dans les annuaires de cette époque,
- les noms de certains marchands apparaissant peu, aléatoirement ou pas du tout dans les annuaires,
- les noms des marchands apparaissant soit dans la liste professionnelle, soit dans la liste alphabétique mais plus rarement dans les deux,
- les marchands ayant souvent deux adresses de magasins dont l'une des deux est plus rarement citée, 
- plusieurs marchands se succédant parfois sur un même emplacement dans la période concernée,
- les annuaires de certaines années affichant soit la liste des habitants, soit la liste des professionnels,
- les annuaires de certaines années (1876, 1878, 1880, 1881, 1882, 1883) n'étant pas conservés.

La technique adoptée a été de :

- relever sur les deux photographies tous les noms présents sur les magasins du sud au nord, 
- puis de rechercher tous ces noms dans les annuaires disponibles de 1867 à 1884, 
- de compléter ces noms par le relevé systématique de tous les habitants et marchands mentionnés au quai Saint-Jean-Baptiste dans les annuaires de ces années-là, 
- de déduire les noms qui peuvent concerner les magasins du Grand Hôtel (adresses souvent dépourvues de numéro),
- et enfin de comparer les magasins des deux prises de vue pour déterminer notamment la plus ancienne des deux.

En définitive, et malgré certaines interrogations restées en suspens, la liste des magasins est la suivante pour la photographie de Jean Walburg de Bray avec, de gauche à droite et du sud au nord :

1- "Au Grand Condé", tailleur, Auguste Benedetti, au nom cité dans les annuaires de 1872 à 1884 ;
2- "Au Gagne-Petit", magasin au contenu inconnu, au négociant inconnu, au nom non retrouvé dans les annuaires ;
3- "Antiquités", peut-être M. Pierre Sauvet, cité dans les annuaires de 1870 à 1872 (sans numéro) mais il est cité au n° 55 dès 1873 ;
4- "Pharmacie Internationale", M. Louis Donati/Donato, cité dans les annuaires de 1870 à 1884, avec (?) les pharmaciens, Jean-Baptiste Peyron en 1877, Plumet/Plumey de 1879 à 1884, Quéry en 1884 ;
5- "Magasin Arabe", M. Ibrahim, cité uniquement dans l'annuaire de 1872.
- Détail de la photographie de Jean Walburg de Bray, montrant le rez-de-chaussée de l'aile sud du Grand Hôtel.




6- "A. Montini", magasin de Beaux-Arts, au nom cité uniquement dans l'annuaire de 1874 ;
7- Magasin anonyme (inoccupé à cette date ?) ;
8- "Th. Allard Coiffeur - Coiffeur de Paris", M. Théophile Allard, au nom cité dans les annuaires de 1871 à 1884 ;
9- "Grand Hôtel", Famille Schmitz propriétaire (Auguste puis sa veuve), nom cité dans les annuaires de 1868 à 1884 ;
10- "Gurtler Fabricant de Cristaux de Bohême", M. Hermand, cité dans les annuaires de 1870 à 1874 (il déménage cette année-là au n° 75, rue Paradis) ;
11- "Broderie & Lingerie - Maison Spéciale Blanc", M. Jean Seilhan/Seilhan/Seylan cité de 1874 à 1879 ;
12- "Jean Guillaume", magasin au contenu inconnu, au nom non retrouvé dans les annuaires ;
- Détail de la photographie de Jean Walburg de Bray, montrant le rez-de-chaussée du bâtiment central du Grand Hôtel.




13- "Capecchi Lampiste", au nom cité dans les annuaires de 1869 à 1879 ;
14- "Veuve Giraud", ombrelles, Madame Cécile Giraud, au nom cité dans les annuaires de 1872 à 1879 (l'annuaire de 1884 indique qu'elle a déménagé au 28, avenue de la Gare) ;
15- "Mme De Pietro", magasin au contenu inconnu, au négociant inconnu, au nom non retrouvé dans les annuaires ;
16- Magasin anonyme (inoccupé ?) ;
17- "Fleuriste", M. Toche, jardinier-fleuriste, au nom cité dans les annuaires de 1870 à 1884 ;
18- "Tabacs", M. Gilbert Gourret/Gouré/Goureti, au nom cité dans les annuaires de 1870 à 1875 puis celui de Mme L. Pollaro en 1879 et 1884 ;
19- "Grand Café", M. Guillaume Laurent, au nom cité de 1873 à 1879 puis le nom de M. Minard est cité en 1884.

- Détail de la photographie de Jean Walburg de Bray, montrant le rez-de-caussée de l'aile nord du Grand Hôtel.




Je n'ai pas réussi à attribuer les emplacements de :
- Madame Broc/Broch, modiste, citée dans les annuaires de 1868 à 1877, 
- de Madame Victoire Cremer, modiste, citée de 1873 à 1875, 
- de Monsieur G. Brunel, nouveautés, cité de 1875 à 1884 (côté nord), 
- de Monsieur et Madame P. Boniface/Bonifasse/Bonifassi, corsetiers, cités de 1875 à 1884, 
- de Monsieur Fayard, armurier, cité de 1874 à 1879 (12, avenue de la Gare en 1884),
- de Monsieur Auguste Tesnières, papetier-imprimeur, cité de 1875 à 1879 (4, rue Masséna en 1884),
- de Monsieur M. Auger, chemisier, cité en 1884 (côté sud),
- ni de Monsieur Chr. Augé/Auger, articles de fantaisie, cité en 1884 (côté sud). 


L'ordre et la liste des magasins sont très semblables pour la photographie d'Eugène Degand, à trois exceptions intéressantes près :

- Détail de la photographie d'Eugène Degand montrant l'aile sud du Grand Hôtel.


7- A la place du magasin anonyme de la photographie de Jean Walburg de Bray, on trouve, "A La Ville de Paris", magasin de quincaillerie, probablement Bovis Frères, cités dans les annuaires de 1873 à 1879 (avec le n° 11 cette année-là) ;
- Détail de la photographie d'Eugène Degand montrant le bâtiment central du Grand Hôtel.




15- A la place du magasin de Madame De Pietro, on trouve, "F. Balon & Cie Maison de Paris - Opticiens", au nom non retrouvé dans les annuaires ;
16- A la place du magasin anonyme de la photographie précédente, on trouve, "Horloger", M. Sébastien Chiaudona, au nom cité uniquement en 1873, puis M. F. Jougla au nom cité de 1874 à 1879 ;
- Détail de la photographie d'Eugène Degand montrant l'aile nord du Grand Hôtel.




CONCLUSION

La photographie de Jean Walburg de Bray (datable entre 1869, du fait de la présence du square Masséna, et 1874, date limite de son édition par Lucchesi) regroupe des magasins dont les dates d'installation vont de 1869 à 1873 (ils apparaissent pour la première fois dans les annuaires de l'année suivante, de 1870 à 1874). L'ensemble des indices semble indiquer une prise de vue vers 1872, même si quelques incohérences demeurent du fait du manque de fiabilité des annuaires. La boutique d'Ibrahim ("Magasin Arabe") implique en effet une datation vers 1871-1872 (puisqu'elle apparaît uniquement dans l'annuaire de 1872) mais celle de Montini (Antiquités) implique pour sa part une datation vers 1873-1874 (puisqu'elle apparaît uniquement dans l'annuaire de 1874).

La photographie d'Eugène Degand (datable entre 1869, du fait de la présence du square Masséna, et 1875, du fait de l'absence des travaux de construction du grand bâtiment du Couvent des Ursulines sur la colline de Carabacel) semble lègèrement postérieure. En effet, les magasins identifiés qui différent de la photo précédente impliquent au plus tôt une date vers 1872-1873. Il est difficile de préciser davantage, quelques mois seulement pouvant séparer les deux prises de vue. 

Une petite déception donc car j'aurais aimé préciser davantage. Il n'en reste pas moins vrai qu'au début de cette recherche je datais ces deux photos vers 1869-1870 et que je les date désormais vers 1872-1873. Il me faut d'ailleurs avouer qu'au-delà de ma quête de critères de datation, ce qui m'a interessé dans ces deux photographies relevait davantage d'un voyage dans le passé, d'une plongée permise par le biais du zoom dans des images scannées en très haute définition. Il en est ressorti l'envie de faire partager cette vision des boutiques niçoises des années 1870, comme une trouvaille archéologique, même si les contraintes techniques du blog se prêtent mal à cette exercice. Ces deux photos n'ont d'ailleurs pas encore livré tous leurs secrets. Par exemple, la photographie d'Eugène Degand montre très nettement, par-delà les terrasses du Grand Hôtel, la construction inachevée d'un immeuble qu'il serait intéressant d'identifier...











vendredi 12 janvier 2018

797-MATHILDE LEMAÎTRE-VISITE DE L'EXPOSITION "JEAN-MICHEL FAUQUET", 2017






UN ARTICLE PROPOSÉ PAR MATHILDE LEMAÎTRE ET SES ÉLÈVES 
DE PREMIÈRE OPTION OBLIGATOIRE ARTS PLASTIQUES
DU LYCÉE HONORÉ D'ESTIENNE D'ORVES DE NICE

CET ARTICLE EST TÉLÉCHARGEABLE (PDF) EN BAS DE PAGE




















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jeudi 11 janvier 2018

796-CAMILLE HENROT, "DAYS ARE DOGS", PALAIS DE TOKYO, PARIS, 2017-18




- HENROT Camille (née en 1978), Derelitta (Monday), 2016,
bronze, aluminium, fer, 60x250x121 cm.



VOIR LA VIDÉO (2 MN 55, 2017) DE CONNAISSANCE DES ARTS,
CARTE BLANCHE À CAMILLE HENROT AU PALAIS DE TOKYO,
EXPOSITION "DAYS ARE DOGS" (18 OCTOBRE 2017-7 JANVIER 2018)
PRESENTÉE PAR DARIA DE BEAUVAIS, COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION.
CAMILLE HENROT EST UNE ARTISTE FRANÇAISE (NÉE EN 1978) QUI VIT ET TRAVAILLE A NEW YORK.












lundi 8 janvier 2018

795-PRÉPARER ET RÉVISER LE BAC SPÉ 2018 AVEC "ADÉLAÏDE PRALON AND CO"






UNE ÉQUIPE DE PROFESSEURS D'ARTS PLASTIQUES COMPOSÉE DE :
ADÉLAÏDE LERAT-PRALON (LYCÉE COLBERT, PARIS)
LUCE MONGO-MBOUSSA (LYCÉE COLBERT PARIS)
VÉRONIQUE DERVIEUX (LYCÉE BUFFON, PARIS)
A RÉALISÉ DES VIDÉOS PERTINENTES ET IMPERTINENTES
ET DES FICHES DE TRAVAIL INDISPENSABLES
PORTANT NOTAMMENT SUR 
LES TROIS QUESTIONS AU PROGRAMME DU BACCALAURÉAT 2018
OPTION ARTS PLASTIQUES DE SPÉCIALITÉ
UN GRAND MERCI À ELLES !!!

VOIR LEUR VIDÉO D'INTRODUCTION (2 MN, 2017),
BIENVENUE CHEZ LES TERM SPÉ ARTS.


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dimanche 7 janvier 2018

794-EUGÈNE DEGAND (1829-1911), PHOTOGRAPHE À NICE-15




ÉTUDE D'UN ALBUM DE PHOTOGRAPHIES D’EUGÈNE DEGAND 






L'ALBUM


Voici un album de grand format (46,7 x 35, 6 x 2,5 cm) sans titre ni date, constitué d'une reliure plein cuir vert, avec plats au décor de fleurons dorés d'angle. Les initiales dorées du propriétaire, "V . M", apparaissent au centre du premier plat. Le dos est pourvu de cinq nerfs et affiche le mot "Album" dans sa partie supérieure. La reliure, luxueuse au départ, est désormais usée, frottée et même déchirée sur le dos et le bord des plats. 






L'album renferme 18 planches en carton épais (44 x 34, 3 cm) dont chacune présente, au centre d'un double cadre bis puis beige, un grand tirage albuminé contrecollé (25, 3 x 19, 3 cm). 





















Chaque photographie est soulignée d'indications dont les caractères fins sont imprimés à l'encre noire, avec à gauche "Degand - Vues et Portraits", et à droite "6, Rue Paradis - Nice".

Si "Degand" et "Nice" apparaissent toujours en majuscules de plus grande taille aux deux extrémités de la page, il y a cependant deux façons de présenter ces textes, avec "Degand" ou "E. Degand", et le choix d'une police fleurie (peut-être antérieure, sur 3 planches) ou sobre (sur 14 planches), l'une des planches étant dépourvue de ce texte imprimé. 

En bas de page, le titre de la vue est précisé sur la gauche des planches (sauf une), avec une écriture manuscrite à la plume et à l'encre noire. 





- DEGAND Eugène (1829-1911), Villefranche, vers 1868-74.


- DEGAND Eugène (1829-1911), La Promenade des Anglais, vers 1874-75
(la charrette rangée le long de la route est celle qui permet de transporter le matériel du photographe ; la tente sur le trottoir est sa chambre noire ; les personnages visibles sont les assistants et figurants d'Eugène Degand).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le vieux château vu de la route de Villefranche, vers 1869-70
(vue parfois intitulée, Nice, Le vieux château vu de la Villa Haussmann ;
la barge plate près du phare travaille à l'allongement du môle (1869-1872).




Tout semble indiquer que l'album a été constitué par un choix de planches qui ont été réalisées sur plusieurs années et les photographies n'y sont pas classées par lieu. 

L'album s'ouvre en effet avec une vue de Villefranche puis enchaîne avec deux vues de Nice, trois du Casino de Monte-Carlo, une de Beaulieu, une de Monaco puis neuf de Nice avant de s'achever sur une nouvelle vue du Casino Monte-Carlo, pour un total de 11 vues de Nice, 2 de Villefranche/Beaulieu (Beaulieu reste rattaché à Villefranche jusqu'en 1891) et 5 de Monaco/Monte-Carlo. 



- DEGAND Eugène (1829-1911), Les Terrasses de Monte-Carlo, vers 1874-75
(vue parfois intitulée, Monaco vue des terrasses du Casino de Monte-Carlo).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Palmiers à Monte-Carlo, vers 1874-75.


- DEGAND Eugène (1829-1911), Casino à Monaco (façade nord), vers 1870-75
(noter que l'entrée du Casino n'est pas encore surmontée de la grande marquise).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Les gros oliviers de Beaulieu, vers 1868-75
(vue parfois intitulée, Les gros oliviers de Villefranche).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Monaco (Le Rocher), vers 1868-75.




DATATION


Eugène Degand semble s'être installé à Nice en 1863 dans un atelier situé rue Saint-Etienne et avoir rapidement ouvert un magasin au 6, rue Paradis (près du Jardin Public et de la Promenade des Anglais), même si ce dernier n'apparaît pas dans les annuaires niçois avant 1873. Le numéro du magasin a changé dans les années 1877-1881 pour devenir le n° 8, ce qui implique une datation pour l'album entre 1863 au plus tôt et 1881 au plus tard.

Les photographies ne semblent pas toutes dater de la même année mais refléter une courte période de moins de dix ans, à cheval sur les années 1860 et 1870. La plupart des vues niçoises montrent en effet des réalisations architecturales qui se sont achevées en 1867 (Casino-Cercle International de la Promenade des Anglais ; Kiosque à musique du Jardin Public) et en 1869 (Square et Monument au Maréchal Masséna au-dessus du cours du Paillon). 

Ce même square Masséna est montré par deux fois dans l'album, dans la vue de la ville prise du sud, depuis la terrasse de l'Hôtel des Anglais puis dans celle de la ville prise du nord, depuis la Tour Saint-François. Si la première semble de peu postérieure aux plantations d'arbres et d'arbustes réalisées en février 1869 et à l'inauguration de juillet de la même année, et peut être datée vers 1869-1871, la deuxième montrant les arbres déjà grands est postérieure et peut être datée des années 1874-75. 




- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, château Smith, vers 1868-74
(vue parfois intitulée, Nice, Le restaurant de la Réserve et le château Smith).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Quai du Midi, vers 1874-75
(le photographes - à l'ombrelle - et ses assistants : tous les personnages visibles posent pour une scène animée).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, les terrasses du château, vers 1872-1874
( à l'extrême droite de la photo, l'un des assistants d'Eugène Degand).


- Anonyme (DEGAND Eugène ?), Sans titre (villa non identifiée), vers 1868-1874
(le texte inscrit sur la plaque de verre qui se retrouve sur le tirage albuminé précise "T. Donat : arch." ; il s'agit probablement de l'architecte Barthélémy Donat [né en 1831], d'origine lyonnaise, installé à Nice, dès 1868 [présent dans les annuaires niçois dès 1874]. Le T. ne correspond pas au prénom de l'architecte mais peut-être au nom de la villa ou de la ville car il ne semble pas que cette villa soit niçoise).
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Les vues de Monte-Carlo sont également postérieures à 1865-1866, du fait de l'état des bâtiments du Casino (présence de la Salle mauresque à l'est, étage ajouté de la façade sud) et impliquent même le début des années 1870 (façade nord rénovée).

Aucun élément des photographies n'indique cependant une date postérieure à 1875. Même si l'album a pu être constitué par la suite, les clichés datent donc pour leur part des années 1867/69 pour les plus anciens et 1873/75 pour les plus récents.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Pointe des ponchettes et vieux château, vers 1874-75
(vue parfois intitulée, Nice, panorama des quais et pointe des Ponchettes ; noter les cabines de bains sur la plage).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Panorama des quais, vers 1874-75
(vue parfois intitulée, La vallée du Paillon prise de la terrasse de l'Hôtel des Anglais ; les plantations et notamment les arbres du Square Masséna sont grands).


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le Port, vers 1874-75.


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Les quais, vue prise de la Tour St-François, vers 1869-71
(les arbustes et arbres du Square Masséna sont encore peu développés et les arbres ne sont pas encore plantés sur le Quai Saint-Jean-Baptiste).





Eugène Degand a photographié les mêmes lieux pendant plus de 25 ans, en réalisant plusieurs clichés le même jour, à quelques instants d'intervalle, et il a de plus effectué des retirages du même cliché pendant plus de dix ans. 

Il est donc nécessaire d'être prudent avant d'affirmer qu'il s'agit du même cliché (vérifier notamment les ombres portées), souvent d'ailleurs recadré en fonction des formats. J'ai pu cependant retrouver 14 des 18 photographies de l'album étudié, tirées pour la plupart sur les formats Carte de visite mais également sur quelques Cabinets et vues stéréoscopiques édités par Eugène Degand entre 1872 et 1883 et, pour la plupart, à partir de 1874. Il est à noter qu'au dos de ces CDV et Cabinets, le texte de son tampon humide subit un changement comparable à celui imprimé sous les photographies des planches de l'album, et passe vers 1874, de "Degand" (en caractères gothiques cette fois) à "E. Degand" (en caractères sobres). 

Certaines vues se retrouvent également en grand format :
- dans des vues isolées, comme La Promenade des Anglais dans la collection du Théâtre de la Photographie de Nice, 
- ou dans des albums, comme les Terrasses de Monte-Carlo dans "l'Album E.F.H." (voir ici), photographie datée de 1875,
- ou Les gros oliviers de Beaulieu/Villefranche dans le recueil de la BnF intitulé, "Voyages en France et en Europe" (voir ici), daté vers 1875-1885.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Jardin public (le kiosque à musique), vers 1868-1875
(il existe une autre vue semblable mais avec davantage de personnages et sans la pancarte d'entrée ; on retrouve le personnage du premier plan sur la vue de la Promenade des Anglais).



- DEGAND Eugène (1829-1911), Casino à Monaco (façade sud), vers 1870-75
(noter que les ailes possèdent deux niveaux et que l'espace central n'est pas couvert).




C'est cependant avec l'Album de la BnF, "Nice et ses environs", daté de 1875 qu'il y a le plus de vues en commun, 8 vues de l'album étudié s'y retrouvant, avec des titres parfois légèrement différents :
- Villefranche ; 
- Nice ; Le vieux château vu de la route de Villefranche/de la Villa Haussmann ; 
- Les Terrasses de Monte-Carlo ;
- Palmiers à Monte-Carlo ; 
- Les gros oliviers de Beaulieu/Villefranche ; 
- Nice, Quai du Midi ;
- Nice, Pointe des ponchettes et vieux château/Panorama des quais et pointe des Ponchettes ;
- Nice, Le Port.

Il est donc raisonnable de penser que l'album étudié a été, lui aussi, constitué en 1875 ou peu après.